article écrit par Amélie Tochon
Cet article fait suite aux trois autres articles sur les Afrikaans que je vous invite à lire pour bien comprendre ce qu'il se passe. (partie 1,partie 2,partie 3)
En 1948, le Parti national de Daniel François Malan consacre la victoire du Broederbond. En effet, Daniel François Malan en est membre. Dans son gouvernement, il met quasiment que des membres du Broederbond, à part pour deux personnes, et chaque membre est un Afrikaans.
Malan dira à son institution : Aujourd'hui l'Afrique du Sud nous appartient une fois de plus… Que Dieu nous accorde qu'elle soit toujours nôtre.

Gouvernement de Malan
La peur d'être absorbée par les anglophones a disparu avec le temps et les différentes politiques en faveur des Afrikaans menées par les anciens premiers ministres. Cependant à cette peur a fait place une autre peur pour les Afrikaans blancs mais aussi pour les autres blancs du pays, celle d'être absorbés par la majorité noire du pays (le concept du Swartgevaar, ce qui signifie littéralement le péril noir). L'apartheid (dont le mot vient du mot apart en néerlandais qui signifie séparé et de heid, que l'on peut traduire par le suffixe -ité en français à peu près, signifiant bien l'idée de séparation) vient alors comme une réponse pour assurer la survie du peuple afrikaans mais doit également aider au développement des Noirs comme nation séparée des Blancs. Il est présenté comme un instrument de justice et d’égalité qui doit permettre à chacun des peuples qui constituent la société sud-africaine d’accomplir son destin et de s’épanouir en tant que nation distincte, pour reprendre des mots de l'époque dessus. Beaucoup de nationalistes afrikaans blancs pensent sincèrement que l’apartheid ouvre des carrières et laisse leur chance aux Noirs, chance qu’ils n’auraient pu saisir s’ils avaient été obligés d’entrer en compétition avec les Blancs au sein d’une société intégrée.
La mise en place de l'apartheid ne se fait pas en une étape. Malan laisse assez libre ces ministres de faire leur travail. Et là où le ministre des Affaires indigènes Ernest George Jansen est modéré et pratique une politique assez libérale, s'occupant surtout d'une amélioration de la vie dans les réserves et de la crise du logement qu'il peut y avoir, les ministres de la Justice (Charles Swart) et de l'intérieur (Theophilus Dönges ) font mettre en place ce qui formera la base et le début du système de l'Apartheid.

Ernest George Jansen

Charles Swart

Theophilus Dönges
En 1949, les deux hommes interdisent les mariages "interraciaux" et en 1950, ils interdisent les relations sexuelles "interraciales".
Cette législation ne rencontra que peu de réactions de la grande majorité de la population, seule la représentante au parlement des populations de couleur du Cap (Margaret Ballinger, qui est originaire d'Écosse) protesta contre cette mesure.

Margaret Ballinger
Le 27 avril 1950, le Group Areas Act est mis en place par le gouvernement de Malan,
Elle oblige les différentes populations définies deux mois plus tard par la Population Registration Act à résider dans des zones urbaines d'habitation prédéfinies. Les centres-villes, ainsi que les quartiers les plus développés et les mieux équipés, étaient généralement interdits aux populations de races non-Blanches (les Noirs, les Métis et les Asiatiques).

Panneau que l'on pouvait trouver dans certaines régions sous l'Apartheid
Le Group Areas Act établissait trois types de zones :
– Les zones contrôlées (« controlled areas ») dans lesquelles le droit de résidence des populations discriminées, ainsi que leur droit d'accès à la propriété foncière ou immobilière était interdite. – Les zones séparées (« separate areas ») – Les zones réservées (« group areas »)
Le Population Registration Act crée des subdivisions racistes pour classer chaque individu du pays.
Les gens sont subdivisés en Blanc, Noir et métis ( appelée colored par ce système, subdivisions contenant également les malais du Cap).
Le choix de votre classe prenait l'ascendance de vos parents (en choisissant la moins avantageuse), l'aspect extérieur de la personne (au-delà de la couleur de peau, il y avait d'autres éléments comme les vêtements, la langue, l’éducation et le comportement), l'acceptation (comment vous étiez perçu par ces proches et dans sa vie sociale) et la volonté (si on disait sous serment de ne pas être blanc, on pouvait être considéré comme noir ou métis).
Les personnes âgées de plus de 16 ans devaient avoir sur elles un papier d'identité (appelé passeport intérieur) indiquant leur classe dans cette subdivision et d'autres informations, ainsi qu'un permis de séjour en dehors des régions où ils sont autorisés à se rendre pour pouvoir le remettre à un officier de police s'il le demandait.
En 1951, Malan remplace Ernest George Jansen par Hendrik Verwoerd. Ce dernier va alors mettre en place le projet des bantoustans (venant du mot bantou utilisé par les autorités pour désigner les populations autochtones et de stan qui vient du vieux persan et sert pour dire le pays des).
Un bantoustan est une région réservée aux populations noires qui jouissaient à des degrés divers d'une certaine autonomie.

Carte des bantoustans durant l'Afrique du Sud sous l'Apartheid
Le gouvernement de Malan rend également hors la loi le Parti communiste sud-africain et tout ce qui est affilié au communisme et se détache complètement de la Grande-Bretagne en mettant des lois sur la citoyenneté et nationalité sud-africaines et en retirant la possibilité d'appel par le conseil du roi d'Angleterre. Cependant le pays reste au commonwealth.
Le gouvernement de Malan prônant le rapprochement avec les états unis.
L'Afrique du Sud soutient l'envoi d'une aviation pour lutter contre le blocus de Berlin par les Soviétiques et envoie en 1950 sous direction de l'Onu des volontaires en Corée lors de la guerre de Corée.
Le Parti national de 1953 arrive à se faire réélire, en premier lieu à cause de la situation économique du pays, mais aussi car a eu lieu au Kenya la révolte des Mau Mau, une révolte de membres du peuple des Kikuyus contre l'accaparation de ces terres par les autorités britanniques, qui a provoqué une grande peur chez les Blancs d'Afrique du Sud de subir cela.
Ce nouveau mandat de Malan sera écourté, ce dernier souhaitant se retirer, il sera remplacer par Johannes Gerhardus Strijdom en 1954. Ce dernier retire le droit de vote aux communes aux personnes non blanches et mets en place des Townships ( des zones urbanisés en dehors des villes où vivent seulement les personnes non blanches). Johannes Strijdom meurt en 1958.
Il sera remplacé par Hendrik Verwoerd en 1959.

Hendrik Verwoerd
Verwoerd avance sur la formation de bantoustans et déplace les populations noires de Windhoek (la capitale du Sud Ouest africain, actuelle Namibie).

Sud Ouest Africain avec les Bantoustan
Le 10 décembre 1959, la campagne de protestation se solde par la mort de 13 manifestants tués par la police et 54 blessés.
Le Parti uni s'oppose quant à lui à l'apartheid, son souhait étant d'étendre le droit de vote aux hommes jugés suffisamment occidentalisés. Ces échecs et son absence de programme alternatif convainquent de nombreux membres du parti de le quitter pour former un nouveau parti, le parti progressiste.

Les membres du parti
Du côté de l'ANC (le Congrès national africain) commence à organiser la résistance face à l'apartheid, une grande campagne de désobéissance au système de l'apartheid. On manifeste le 6 avril 1952 (date des 300 ans de la fondation du Cap et de l'arrivée des premiers ancêtres des Afrikaans), manifestations se terminant par l'emprisonnement de 8 500 sur les 10 000 manifestants. On brûle ces papiers d'identité.
L'ouverture de l'ANC à tout le monde lui permet de faire alliance avec des petits partis blancs, de s'ouvrir aux Indiens, cependant les métis restent plus réticent.
En parallèle, des mouvements africanistes se forment demandant une action plus drastique contre le gouvernement. Ils forment en 1959 le Congrès panafricain d'Azanie (PAC).
En 1956, Nelson Mandela et cent cinquante-six autres personnes sont arrêtés et accusés de trahison. Un procès marathon qui dure de 1957 à 1961 s'ensuit, où tous les prévenus, aidés notamment par des fonds internationaux, exploitent toutes les imprécisions de la législation et sont finalement progressivement relâchés, puis finalement acquittés par la justice sud-africaine.

Nelson Mandela brûlant son passeport intérieur comme acte de résistance en 1960
Le 21 mars 1960, une manifestation non violente du PAC au sud du Transvaal dans un township contre l'extension du passeport intérieur aux femmes débouche sur une fusillade et un massacre commis par les policiers, le massacre de Sharpeville. Ce massacre provoque 69 morts, dont huits demoiselles et 10 enfants, ainsi que 180 blessés, dont 31 demoiselles et 19 enfants.

Tombes des victimes

Représentation du massacre
Le gouvernement ordonne l'état d'urgence et déclare l'ANC et le PAC hors la loi. On emprisonne les dirigeants de ces organisations.
Cet événement va durement marquer le monde et certains Afrikaans, citons le cas de Beyers Naudé, pasteur afrikaans. À la suite de cet événement, lui dont le caractère de pasteur fait qu'il servait de justification au système de l'apartheid (l'apartheid était justifié aussi par l'idée que la terre d'Afrique du Sud avait été donnée aux Afrikaans blancs par Dieu) finit par se retourner contre cela. Au Conseil œcuménique des Églises (une organisation voulant servir d'unité entre tous les chrétiens (qu'ils soient orthodoxes, catholiques, protestants, chaldéens, arméniens et coptes)), il est le seul membre de l'Église hollandaise à condamner les thèses religieuses défendant l'apartheid.

Christiaan Frederik Beyers Naudé
Sa position fera qu'il rompera avec sa famille et quittera en 1963 le Broederbond. La même année, l'Église réformée hollandaise lui retire sa fonction de pasteur et il est surveillé par le gouvernement sud-africain. Il rejoindra en 1980 l'Église réformée africaine (la branche de l'Église réformée hollandaise pour les Noirs). Il fera partie de l'ANC sans toutefois jamais prendre sa carte de membre.
Ce massacre provoque également un changement dans la politique de l'ANC qui était jusque-là non violente par l'arrivée d'une branche militaire, l'Umkhonto we Sizwe (MK)(c'est du Zoulou et cela veut dire fer de lance de la nation).

Logo du MK
En parallèle, le Conseil de sécurité des Nations unies vote le 1ᵉʳ avril la résolution 134, qui condamne le massacre et enjoint le gouvernement sud-africain « d'abandonner ses politiques d'apartheid et de ségrégation raciale »
De plus la venue du premier ministre britannique le 3 janvier 1960 qui évoque dans son discours, la décolonisation en cours de l'Afrique ( utilisant l'expression Winds change) et demande au gouvernement Sud africain d'agir dans le sens de cette décolonisation (Il demande non directement à mettre fin à cette politique de ségrégation en Afrique du Sud) sert ainsi d'arguments à Verwoerd pour mettre fin aux liens entre l'état et la couronne britannique et le 5 octobre 1960, il organise une référendum consultant la population sur l'idée de faire de l'Afrique du Sud une république. Il fait inclure dans les votants les populations germanophones et afrikaans du Sud-Ouest africain, généralement plus intéressées par cette idée de république.
Il demande explicitement : « Do you support a republic for the Union? » (Is U ten gunste van 'n Republiek vir die Unie?).
Le Parti progressiste et le Parti uni appellent à voter non. Finalement, à 52,3% des voix, le référendum est positif à la formation de la république.
Le 3 mars 1961, Verwoerd propose au Commonwealth de maintenir le pays au sein du Commonwealth en tant que république, il rencontre l'hostilité de la jeune Inde, du Canada et des autres pays décolonisés d'Afrique et d'Asie, surtout sur la question de l'apartheid. Verwoerd critique alors que des pays étrangers s'occupent des affaires intérieures de l'Afrique du Sud et, le 15 mars 1961, il annonce retirer la demande pour la république d'Afrique du Sud de faire partie du Commonwealth.
Le 31 mars 1961, la république d'Afrique du Sud est officiellement proclamé.

Déclaration de la Republiek van Suid Afrika (la République d'Afrique du sud)
En 1962, sous conseil de la CIA, Nelson Mandela est arrêté par le gouvernement sud-africain, accusé de complot et de vouloir renverser le gouvernement par la violence.
L'ONU demanda le 7 août 1963 d'arrêter tout commerce avec la république d'équipement militaire et demanda de suspendre les échanges culturels, éducatifs, sportifs et d'autres échanges avec le régime raciste et avec des organisations ou institutions qui contribuaient à l'apartheid.
De plus en plus de pays font, dans les années qui suivent, signer des lois plaçant des sanctions économiques sur l'Afrique du Sud.
Le 26 août 1966, le front de libération du peuple de la Namibie (PLAN) commence une guérilla contre le gouvernement sud-africain pour l'indépendance de la Namibie. PLAN est soutenue par l'URSS (et d'autres pays décolonisés d'Afrique et des pays communistes) qui lui fournit son équipement dans son combat contre le colonialisme. Le fait que l'URSS soutienne les rebelles comme soutiennent énormément d'autres pays (dans l'espoir qu'ils deviennent des pays communistes rejoignant son camp) fait que le gouvernement va justifier sa guerre comme un moyen de lutter contre le communisme ( rappelons que beaucoup de pays en Afrique durant cette période deviennait des pays communistes, l'Angola qui prendra son indépendance du Portugal en 1975 est un état communiste qui soutiendra le PLAN lui permettant d'aller en Angola comme refuge). Cette guerre qui commence, appelée la guerre des frontières, provoque le départ de tous les jeunes hommes blancs âgés de 18 ans, provoquant une véritable marque encore difficile dans l'esprit des jeunes Afrikaans blancs. Cette blessure est d'autant plus forte qu'il s'agit d'une guerre de décolonisation et que maintenant la participation à cette guerre est très mal vue par la société alors qu'il n'avait pas le choix d'y participer.

Bataillon du PLAN en Angola

équipement soviétique du PLAN




Photos de la guerre
La guerre durera jusqu'au 21 mars 1990, jour de l'indépendance de la république de Namibie.
En 1973, Eugène terre'blanche un afrikaans blanc dont les ancêtres viennent de Toulon au nom évocateur, forme avec des amis le mouvement de résistance afrikaner, un mouvement souhaitant le maintien de l'Apartheid.

Eugène terre'blanche
En 1976, un événement va mettre la base de ce qui va commencer à ébranler l'apartheid, la révolte de Soweto. Cette révolte vient d'un décret ordonnant que l'Afrikaans soit enseigné dans les écoles noires au même niveau que l'anglais. Hors comme les mouvements ségrégationnistes ont été mis en marche par des Afrikaans (chaque gouvernement étant un gouvernement Afrikaans), l'Afrikaans est devenu la langue de l'opresseur et donc très mal vue par les populations autochtones.
Il s'agit de manifestations étudiantes durement réprimées par la police sud africaine à coups de balles, provoquant 176 victimes et plus de milles blessés.

Une étudiante ramenant un de ses camarades après qu'il ait reçu une balle

Mémorial de cette événement
Durant cette époque, les bantoustans laissés à l'abandon deviennent de facto des États indépendants (comme le bantoustan du Transkei), cela était censé permettre de prouver que le système marchait car ces États étaient viables mais dans les faits cela ne marchait pas.
En 1983, le président Pieter Willem Botha modifie la constitution Sud africaine pour offrir des places de représentant aux métis et aux Indiens d'Afrique du Sud au sein du parlement.

Pieter Willem Botha
Pieter Willem Botha prend quand même soin de garder le pouvoir aux Blancs, empêchant ces parlements métis et indiens de pouvoir agir sur des affaires ne relevant pas de leur communauté.
Mais le système de l'apartheid commence à se fissurer, Botha discutant avec Nelson Mandela en prison et avec des dirigeants de l'ANC en exil.

Drapeau de l'ANC
En 1988, Eugène terre'blanche fait défiler ses partisans dans Pretoria et débat contre un universitaire afrikaans opposé à l'Apartheid, Frederik van Zyl Slabbert, le chef du parti progressiste.
Le 15 août 1989, l'Afrikaans Frederik Willem de Klerk et chef du Parti national, devient président, il va mettre en place la fin de l'Apartheid.

Frederik Willem de Klerk

Buste de Willem de Klerk au Voortrekker monument
Les dirigeants de l'ANC croient que la venue au pouvoir de de Klerk ne changera rien et qu'il sera comme ses prédécesseurs, cependant ce n'est pas ce qui va se passer.
Un mouvement de protestation contre lui allait avoir lieu à Pretoria et plutôt que de l'interdire comme le voulait la police, il accepta qu'il ait lieu.
Il commença à aller en secret à Genève pour discuter avec des dirigeants en exil de l'ANC. Il fait libérer des militants de l'ANC et discute avec Mandela pendant 3 heures sur la question de comment mettre fin à la domination blanche en Afrique du Sud. La fin du bloc de l'est avec la chute de l'URSS étant pour lui un moyen qui allait montrer l'échec du communisme et mettre fin à ce dernier en Afrique (rappelons que depuis la guerre des frontières en Namibie, une des grandes raisons qui justifiaient les actions du gouvernement était la lutte contre le communisme) et prouver que ces derniers ne pourraient pas manipuler l'ANC.
Le 2 février 1990, le Parti communiste, l'ANC et le PAC étaient de nouveau légaux, il annonça également la libération imminente de Nelson Mandela.
Il a mis fin à la loi de 1953 qui divisait les espaces publics entre les blancs et les non blancs.
Tout ceci étonnant le monde, il fut alors vu très positivement par la presse internationale et il reçut de nombreux mots de soutien de dirigeants étrangers et de nombreuses personnes en Afrique du Sud. Cependant sa politique fit qu'il fut extrêmement critiqué par les partis très conservateurs et que ceux-ci montèrent en popularité durant cette période, Klerk disant que c'était surtout le fruit de l'anxiété et du sentiment d'insécurité et que cela serait passager.
Il ouvre le parti national à tout le monde. Il va également continuer à mettre fin à de nombreuses lois de l'apartheid.
Le 11 février 1990, Mandela est libéré, Eugène terre'blanche menaça le gouvernement de Klerk de prendre le pouvoir par la force. Il organisera de nombreuses manifestations contre la politique de Klerk.
La libération de Mandela est accueillie positivement, de nombreuses personnes dans le monde restent dubitatives sur la fin réelle de l'apartheid, comme on peut le voir dans le sketch des Inconnus sur les journaux télévisés du monde sur l'Afrique du Sud. (inconnus, Afrique du Sud de 4,11 à 5,05)

Nelson Rolihlahla Mandela
Beyers Naudé participe avec d'autres membres de l'ANC aux négociations avec le gouvernement.
Début de l'année 1992, De Klerk organise un référendum sur l'avis de la population blanche sur la fin de l'apartheid avec un taux de participation de 80%, 68,7% se dirent favorables à la fin de l'apartheid. Ce résultat mit définitivement fin aux volontés d'Eugène terre'blanche de continuer à lutter pour l'apartheid.
Le massacre de Boipatong commis par les membres du parti de la liberté d'Inkatha ( un parti rival de l'ANC prônant une approche plus brutale pour mettre fin à l'apartheid) calme pour un temps les relations entre l'ANC et le gouvernement. En effet certaines allégations supposent que le gouvernement aurait participé à tout cela.
Cependant l'apartheid se termine. Le 10 décembre 1993, Mandela et De Klerk reçoivent ensemble le prix nobel de la paix pour leur oeuvre commune pour la fin de l'apartheid. Chaque Sud-Africain a maintenant le droit de vote et chacun a les mêmes droits et devoirs.
La même année, l'ANC demande également que le mariage pour tous devienne légal et le gouvernement par intérim formé en attendant de nouvelles élections demande que des lois contre les discriminations à cause de l'orientation sexuelle soient mises en place.
En 1994 eurent lieu les premières élections au suffrage universel de l'Afrique du Sud.

Nelson Mandela votant
Nelson Mandela devient le nouveau président de l'Afrique du Sud, prenant pour second De Klerk.
Le 19 juillet 1995 commence la Commission de la vérité et de la réconciliation, une commission cherchant à recenser les violations des droits de l'homme faites durant la période de l'apartheid dans le but de permettre une réconciliation nationale entre victimes et bourreaux.
Cela permit à ceux qui avaient commis des crimes de pouvoir essayer de se faire pardonner et de dire ce qu'ils ont sur le cœur. Une étude est mise sur chaque les Xhosa, des Blancs sud africains et les Afrikaans pour leur demander si cela a été efficace, chaque groupe répond que oui.
Mandela organise avec son gouvernement une nouvelle constitution mettant l'Afrikaans comme une des 11 langues officielles du pays et un nouveau drapeau d'unité. Il réunit les couleurs de l'ANC (le vert, le jaune et le noir) mises sur un drapeau hollandais, au départ cela devait être de l'orange et du bleu mais pour inclure aussi les anglophones, il fut choisi de mettre du rouge au lieu de l'orange.

Drapeau Sud Africain
En 2003, le changement de genre est officiellement accepté (rappelons qu'il faudra attendre 2010 pour que le gouvernement français retire la transidentité de la liste des maladies mentales et 2016 pour permettre le changement de genre).
En 2006, le mariage pour tous est officialisé par le Civil Union Act. (Il faudra attendre 2013 pour avoir le mariage pour tous en France)

Drapeau LGBT Sud africain
L'Afrique du Sud étant actuellement le pays le plus progressif en termes LGBTQIA+ de tout le continent africain.
Dans cette période postapartheid, la reconstruction de l'identité afrikaans reste délicate, certains mouvements comme le Broederbond s'ouvrent à l'acceptation de tout le monde au sein de ces rangs. Cependant il reste quelques mouvements comme certains d'Eugène terre'blanche demandant la formation d'une région autonome pour les Afrikaans blancs au sein de l'Afrique du Sud mais cela ne touche qu'une minorité des Afrikaans. On a également quelques mouvements pour l'exclusion des Afrikaans blancs du pays, mais ils sont considérés comme criminels par le gouvernement sud-africain.
« Je partage avec d’autres, noirs, bruns, blancs, cet endroit de la terre où ma mère et mon père sont enterrés, et mes grands-parents, et leurs ancêtres, depuis des générations et des générations. Cela signifie que nous nous sommes assimilés par près de quatre siècles de vie sur ce continent, et qu’en retour nous avons assimilé ces siècles dans nos os et notre sang : les rythmes de sécheresse et d’inondation, les famines et l’abondance, les cruautés inhumaines et les meurtres et les privations, les rires et l’amour, la pitié et la générosité. Tout ceci a eu un prix, et nous l’avons payé parfois de mauvaise grâce ou même avec ressentiment, souvent avec joie et bonne volonté. »
Parole de l'écrivain afrikaner André Brink affirmant son droit à continuer à vivre en Afrique du Sud en 2008.
Cependant on assiste à l'arrivée de chanteurs comme Bok van Blerk qui pousse à un renouveau et la défense de la culture Afrikaans.
Il y a actuellement environ 7 millions d'Afrikaans en Afrique du Sud ( dont environ 5 millions de métis)
Passons maintenant à la culture Afrikaans :
L'architecture Afrikaans possède beaucoup d'inspiration, néerlandaise, française, anglaise et indonésienne, fruit du mélange entre tous ces peuples.



Bâtiments de style du Cap

Grand place Pretoria avec la statue de Paul Kruger
Les Afrikaans ont également eu quelques peintres comme Jacobus Hendrik Pierneef, connu pour ses peintures des paysages sud africain.

Jacobus Hendrik Pierneef



Tableau de Pierneef
Le cinéma Afrikaans fut pendant très longtemps basé sur leur histoire, particulièrement sur le Grand Trek. On peut quand même citer un film de 1980 Les dieux sont tombés sur la tête, une comédie publiée au Botswana pour contourner les restrictions liées à l'apartheid. Le film a quand même un peu mal vieilli si mes souvenirs sont corrects.

Affiche du film
Pour la musique, citons la musique de Bok van Blerk récente sur l'identité récente des Afrikaans mais aussi sur leur histoire. Voici un corpus de certaines de ces musiques :

Ik ben een Afrikaander (le titre signifiant, je suis un africain)
Sing Afrikaner sing(chanson de défense de la culture Afrikaans)
De la rey(sur le héros De la Rey)
Die Kaplyn (sur la guerre de la frontière pour l'indépendance de la Namibie et les sentiments de ceux qui se sont battus lors de cette guerre)
Mais nous pouvons citer d'autres chansons comme la chanson populaire :
Ons vir jou Suid Afrika(ce qui signifie, Nous pour toi afrique du sud)
Les Afrikaans ont également quelques danses traditionnelles comme la Volkspele :

Afrikaans dançant la Volkspele
Passons maintenant à quelques tenues traditionnelles :


Personnages Griquas important en tenue ( un sous groupe des Afrikaans métis qui pourrait mériter un épisode pour eux tout seul)

Afrikaans en tenue traditionnel lors du Grand Trek
En terme de cuisine, nous pouvons citer le Biltong, un type de viande séchée créé durant le grand Trek pour tenir. Il est fait à partir de Boeuf mais on peut aussi utiliser de l'Autruche,du Springbok (une gazelle que l'on peut trouver en Afrique du Sud faisant des sauts particuliers), de Gemsbok (une espèce d'Oryx ) et de Koudou (un groupe d'animaux)

Bébé Springbok

Springbok adulte

Saut caractéristique du Springbok


Un Gemsbok

Un grand Koudou

Biltong
Il y a également la coutume du Braai, il s'agit d'un barbecue Afrikaans. Braai désigne également une coutume chez les Afrikaans de se réunir entre eux pour faire ce type de barbecue.


Exemples de Braai
On peut également citer le Bobotie, un plat de viande hachée avec des raisins secs, de la sauce tomate, de d'œuf et pain imbibé de lait. Cette recette viendrait probablement de l'actuel Jakarta alors qu'elle était encore une colonie hollandaise.

Position de Jakarta au sein de l'Indonésie moderne

Exemple de Bobotie
Citons maintenant en dessert les koeksisters, des beignets au miel très sucrés.

Je concluerai ici cette épisode en espèrant !
Je concluerai également en donnant beaucoup d'amour à tous les Afrikaans !
Zuid-Afrika, je bent een mooi land, ik hou van jou ! (Afrique du sud, tu es un beau pays, je t'aime)
Veel liefde voor mijn Afrikaanse zussen en Broers ! Jullie hebben een mooie cultuur! (Beaucoup d'amour à mes soeurs et frères Afrikaans ! Vous avez une belle culture ! en Flamand)
Vorentoe Suid Afrika ! ( en avant Afrique du Sud en Afrikaans)